La politique de renouvellement urbain vise à contrer les processus de déqualification et de paupérisation qui touchent les territoires les plus fragiles. Pilotée depuis 2004 par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), cette politique est appelée à relever de nouveaux défis notamment par rapport au changement climatique.
L’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (Igedd), l’ANRU et le maire de Villeurbanne ont remis au gouvernement, le 18 février 2025, un rapport sur la future politique de renouvellement urbain. Il avance des pistes pour mieux combattre les disparités socio-spatiales et tenir compte des risques climatiques.
Des fractures territoriales persistantes
La ségrégation socio-spatiale s’accroît sous l’effet de la métropolisation et de la désindustrialisation. Les cadres et les professions intellectuelles se regroupent dans les métropoles et les pôles attractifs, reléguant les plus pauvres dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ou en couronne périurbaine, loin des services et des emplois. Face à cette situation, les pouvoirs publics s’attachent notamment à :
- développer l’offre de logements à bas loyer dans les secteurs où se concentrent les ménages les plus aisés, afin de favoriser la mixité sociale ;
- transformer les QPV.
La littoralisation et la métropolisation s’intensifient. Les littoraux voient affluer de nouveaux résidents (retraités…) et les métropoles des jeunes actifs ; ces espaces en tension abritent 56% de la population. Les territoires situés sur une diagonale allant du Nord‑Est au Sud‑Ouest subissent un déclin démographique, un vieillissement et une paupérisation de leur population ainsi qu’une dévitalisation économique. Dans les territoires urbains en tension et en déprise, l’habitat se dégrade.
Le changement climatique amplifie les inégalités
Le changement climatique affecte particulièrement :
- les villes, responsables de 60% à 80% de la consommation énergétique et de 75% des émissions de carbone. La hausse des températures, les épisodes de canicule et les précipitations extrêmes menacent les infrastructures et les vagues de chaleur compliquent les conditions de vie des habitants. Ces risques nécessitent des adaptations pour prévenir des dommages coûteux et sécuriser les structures. Les plus précaires, moins émetteurs de carbone, sont plus vulnérables au dérèglement climatique ;
- plusieurs territoires très exposés qui risquent de devenir inhabitables sans adaptation :
- des grandes agglomérations (risque d’inondations),
- les régions méditerranéennes (vagues de chaleur fréquentes et intenses, feux de forêt extrêmes),
- les littoraux (élévation du niveau marin, érosion côtière),
- les zones de montagne (fonte des glaciers, risque d’avalanches et de glissements de terrain),
- l’Outre-mer (cyclones violents, montée du niveau de la mer, érosion côtière).
Pour un renouvellement urbain adapté aux nouveaux défis
Le rapport préconise :
- d’installer auprès du Premier ministre un comité interministériel d’aménagement du territoire chargé de définir une politique nationale de rééquilibrage territorial et d’anticipation des conséquences du changement climatique dans les territoires ;
- de lancer en 2025 un programme national de renouvellement urbain visant à lutter contre la ségrégation urbaine dans les QPV les plus vulnérables ;
- d’élargir cette politique à d’autres territoires et de doter l’ANRU d’un cadre juridique pérenne.
Source : Vie publique, publié le 04 mars 2025
Pour en savoir plus : Remise du rapport « Ensemble, refaire ville » au ministre François Rebsamen – Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), publié le 18 février 2025